Étudiants / post-bac : catholiques, orthodoxes, protestants — comprendre les divisions

Post-bac · Temps ordinaire

Objectif

Expliquer pourquoi les chrétiens sont divisés, ce qui les sépare réellement et ce qui les unit déjà. Sujet que presque personne ne maîtrise, y compris parmi les pratiquants, et qui devient concret dès qu'on a un ami protestant ou orthodoxe.

Repères historiques

  • 1054 — la rupture entre Rome et Constantinople, aboutissement d'un lent éloignement culturel, linguistique et théologique entre Orient et Occident. Naissent les Églises orthodoxes.
  • 1517 — Luther publie ses thèses, dénonçant notamment le commerce des indulgences. La Réforme donne naissance aux Églises protestantes (luthériens, réformés, puis anglicans, baptistes, évangéliques…).
  • XXe siècle — naissance du mouvement œcuménique. Le concile Vatican II publie le décret Unitatis Redintegratio (1964) et engage résolument l'Église catholique dans la recherche de l'unité.
  • 1965 — levée réciproque des excommunications de 1054 entre Rome et Constantinople.

Ce qui unit déjà

Un même baptême reconnu par presque toutes les Églises, la même Bible pour l'essentiel, le Credo de Nicée-Constantinople, la foi en Jésus mort et ressuscité, le Notre Père.

Ce qui sépare encore

  • Le rôle du pape : reconnu comme successeur de Pierre par les catholiques ; les orthodoxes lui accordent une primauté d'honneur mais non de juridiction ; les protestants ne le reconnaissent pas.
  • Les sacrements : sept pour les catholiques et les orthodoxes, deux principalement pour la plupart des protestants (baptême et cène).
  • La place de Marie et des saints, très présente chez les catholiques et les orthodoxes, beaucoup plus discrète chez les protestants.
  • L'autorité : Écriture et Tradition ensemble pour catholiques et orthodoxes ; l'Écriture seule comme principe chez les protestants.
  • L'eucharistie : la question de l'intercommunion reste le point le plus douloureux au quotidien.

Texte biblique

Jean 17, 20-21 — Jésus prie « pour que tous soient un ». C'est la prière qui fonde tout le mouvement œcuménique. (AELF.)

Matériel

  • Une frise chronologique vierge (1054, 1517, 1964, 1965)
  • Un tableau à trois colonnes ; textes imprimés
  • Une bougie

Déroulé

Accueil — 15 min

Question d'entrée : « Sauriez-vous expliquer à quelqu'un la différence entre un catholique, un orthodoxe et un protestant ? » Laisser essayer. Les réponses sont généralement très approximatives, ce qui installe bien le besoin.

Histoire — 30 min

Construire la frise ensemble. Insister sur un point souvent ignoré : les ruptures ne sont jamais purement théologiques. Politique, langue, culture, pouvoir et argent y ont toujours une part importante.
Souligner aussi que les protagonistes ne voulaient généralement pas créer une nouvelle Église : Luther cherchait à réformer la sienne.

Tableau comparatif — 35 min

Remplir les trois colonnes, en commençant par ce qui unit — la liste est plus longue qu'ils ne l'imaginent.
Puis les différences, énoncées avec précision et sans caricature.

Échange — 25 min

  • Pourquoi la division des chrétiens est-elle un problème, et pas seulement une diversité sympathique ?
  • Que penser du fait que Taizé, communauté œcuménique, rassemble des dizaines de milliers de jeunes chaque année ?
  • Avez-vous des amis d'une autre confession ? Comment vivez-vous les différences ?

Apport et prière — 15 min

Lire Jn 17, 20-21. Faire remarquer que l'unité n'est pas une bonne idée d'organisation : c'est une prière du Christ lui-même, la veille de mourir.
Mentionner la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, chaque année du 18 au 25 janvier.
Prière œcuménique simple : le Notre Père, que toutes les confessions partagent. Chant de Taizé.