Caté collège : les moines de Tibhirine — aimer et pardonner jusqu'au bout
Collège · Temps ordinaire
Objectif
Faire découvrir une histoire réelle et récente qui pousse le pardon à son point extrême, pour interroger sans détour ce que veut dire pardonner. Ne pas transformer la violence historique en spectacle : rester sobre, centré sur le texte du testament.
Repères
- Sept moines trappistes français vivaient depuis des décennies au monastère de Tibhirine, en Algérie, en pleine amitié avec leurs voisins musulmans du village.
- Dans les années 1990, l'Algérie traverse une guerre civile très violente. Le monastère est menacé à plusieurs reprises ; les moines choisissent de rester par fidélité à leurs amis algériens plutôt que de fuir en sécurité.
- En 1996, ils sont enlevés puis meurent dans des circonstances qui restent en partie non éclaircies. L'Église les reconnaît comme martyrs et les béatifie en 2018.
- Bien avant sa mort, le prieur, frère Christian de Chergé, avait écrit un testament à ouvrir en cas d'assassinat, pardonnant par avance à celui qui le tuerait.
Texte biblique
Luc 23, 34 — Jésus en croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font. »
Extrait du testament de Christian de Chergé : « Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'auras pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux, ce merci et cet à-Dieu. » (Texte intégral disponible sur des sites diocésains si tu veux le lire en entier avec le groupe.)
Matériel
- Le texte du testament (extrait ci-dessus, imprimé)
- Une carte de l'Algérie ou une photo du monastère de l'Atlas
- Une bougie ; feuilles et stylos
Déroulé
Accroche — 10 min
Question directe : « Est-ce que vous pensez qu'on peut pardonner à quelqu'un avant même qu'il ait fait quelque chose de mal — juste en sachant que ça pourrait arriver ? »
Laisser le débat s'installer sans trancher.
L'histoire — 15 min
Raconter sobrement le contexte : des moines français, une guerre civile terrible, un choix de rester par amitié plutôt que de partir en sécurité. Ne pas insister sur les détails violents de leur mort — rester sur le choix de vie qui précède.
Le texte — 15 min
Lire l'extrait du testament, lentement, deux fois. Puis lire Lc 23, 34.
Faire remarquer le lien direct : Christian de Chergé reprend, des siècles plus tard, exactement le geste du Christ en croix — pardonner avant, sans attendre d'excuse, sans même connaître son bourreau.
Échange — 15 min
En petits groupes :
- Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à écrire un texte pareil ?
- Est-ce de la faiblesse, ou une autre forme de force ?
- Le pardon extrême de Christian de Chergé rend-il service à la victime, au bourreau, aux deux, à personne ?
- Y a-t-il une différence entre pardonner et excuser ? (Point important : pardonner n'efface pas la gravité de l'acte.)
Prière finale — 5 min
« Seigneur, comme les moines de Tibhirine, apprends-nous à aimer jusqu'au bout, même ceux qui nous font du mal. »
Notre Père.