Aumônerie lycée : sainte Joséphine Bakhita, de l'esclavage à la liberté

Lycée · Temps ordinaire

Objectif

Découvrir une sainte dont la vie interroge violemment : enlevée enfant, esclave pendant des années, elle deviendra religieuse et dira ne pas haïr ses ravisseurs. Travailler la question de la liberté intérieure et du pardon — sans jamais imposer le pardon comme un dû.

Repères

  • Née vers 1869 au Darfour, dans l'actuel Soudan. Enlevée vers l'âge de sept ans par des marchands d'esclaves.
  • Le traumatisme est tel qu'elle oublie son propre prénom. Ses ravisseurs l'appellent par dérision Bakhita, ce qui signifie « la chanceuse ».
  • Vendue et revendue plusieurs fois, battue, marquée au fer. Elle passe entre les mains de cinq maîtres.
  • Emmenée en Italie, elle y découvre le christianisme et demande le baptême. Quand son maître veut la reprendre, un tribunal italien reconnaît qu'elle n'a jamais pu être légalement esclave : elle est libre.
  • Elle choisit alors de rester, devient religieuse canossienne et passe cinquante ans dans un couvent de Vénétie, portière, cuisinière, connue de tous pour sa douceur.
  • Morte en 1947, canonisée en 2000. Fêtée le 8 février, devenue journée mondiale de prière contre la traite des êtres humains.

Textes bibliques

  • Galates 5, 1 — « C'est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. »
  • Exode 3, 7-8 — Dieu voit la misère de son peuple, entend son cri et descend pour le délivrer. (AELF.)

Matériel

  • Textes imprimés
  • Post-it, stylos ; un tableau
  • Une bougie ; une image de Bakhita
  • Éventuellement des chiffres actuels sur la traite (sources sérieuses uniquement : OIT, ONU)

Déroulé

Accroche — 15 min

Écrire un mot au tableau : LIBERTÉ. Chacun écrit sur un post-it ce que ce mot veut dire pour lui, et vient le coller. Lire à voix haute.
Puis poser la question qui va traverser la séance : « Peut-on être libre quand on est enfermé ? Et peut-on être prisonnier quand on est libre ? »

La vie de Bakhita — 20 min

Raconter, sans édulcorer mais sans complaisance dans la violence. Insister sur deux détails qui frappent :

  • elle a oublié son prénom — l'esclavage lui a pris jusqu'à son nom ;
  • le surnom moqueur de ses ravisseurs, « la chanceuse », est celui qu'elle gardera et qui deviendra son nom de sainte.
    Puis le moment du procès : elle est déclarée libre. Et elle choisit de rester là où elle a été accueillie.

Échange — 25 min

En petits groupes :

  • Qu'est-ce qui l'a rendue libre : le jugement du tribunal, ou autre chose ?
  • Elle a dit qu'elle ne haïssait pas ceux qui l'avaient vendue. Est-ce que cela vous paraît possible ? admirable ? révoltant ?
  • Est-ce qu'on peut exiger de quelqu'un qu'il pardonne ?
  • L'esclavage n'a pas disparu : où existe-t-il encore aujourd'hui, sous quelles formes ?

Les textes — 15 min

Lire Ex 3, 7-8 : Dieu n'est pas neutre — il voit, il entend, il descend. La libération est au cœur de la Bible bien avant d'être une idée politique.
Lire Ga 5, 1 : la liberté chrétienne n'est pas l'absence de contrainte, c'est de n'être esclave de rien ni de personne — y compris de sa propre rancune.
Poser clairement : le pardon de Bakhita n'est pas une excuse pour ses bourreaux, et il ne se commande pas. Il est un chemin, souvent long, jamais une obligation.

Prière finale — 15 min

Bougie allumée, silence.
Prier pour les personnes réduites en esclavage aujourd'hui, et pour ceux qui n'arrivent pas à pardonner. Intentions libres. Notre Père. Chant.