Aumônerie lycée : saint Maximilien Kolbe, donner sa vie à Auschwitz

Lycée · Temps ordinaire

Objectif

Confronter les lycéens à un acte qui ne se discute pas : un homme prend la place d'un autre pour mourir. Interroger ce que veut dire « donner sa vie », et faire le lien avec le geste du Christ — sans grands mots.

Repères

  • Maximilien Kolbe, franciscain polonais né en 1894. Fondateur d'un vaste centre religieux et éditeur, il est aussi passé par le Japon comme missionnaire.
  • Pendant l'occupation allemande, son couvent abrite des réfugiés, dont de nombreux juifs. Arrêté, il est déporté à Auschwitz en mai 1941.
  • En juillet 1941, après l'évasion d'un détenu, dix hommes sont désignés pour mourir de faim en représailles. L'un d'eux, Franciszek Gajowniczek, s'effondre : il a une femme et des enfants. Kolbe sort du rang et demande à prendre sa place.
  • Il meurt le 14 août 1941 dans le bunker de la faim, après avoir soutenu et fait prier les autres condamnés jusqu'au bout.
  • Gajowniczek survivra à la guerre et vivra jusqu'en 1995. Kolbe est canonisé en 1982 ; Gajowniczek assiste à la cérémonie.

Textes bibliques

  • Jean 15, 12-13 — « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. »
  • Romains 5, 7-8 — il est déjà rare de mourir pour un juste ; le Christ, lui, est mort pour nous alors que nous étions pécheurs. (AELF.)

Matériel

  • Textes imprimés
  • Une bougie ; lumière basse pour la fin
  • Feuilles, stylos ; éventuellement une photo de Kolbe (celle en habit et celle du camp)

Déroulé

Entrée en matière — 15 min

Raconter les faits, sobrement, sans effets de manche. S'arrêter juste au moment où Gajowniczek s'effondre en criant qu'il a une famille.
Poser la question, et laisser un vrai silence : « Que se passe-t-il ensuite, à votre avis ? »
Puis donner la suite.

Échange — 30 min

En petits groupes de 3-4 :

  • Qu'est-ce qui peut pousser quelqu'un à faire ça ? Le courage suffit-il à l'expliquer ?
  • Est-ce que Kolbe a « perdu » sa vie ou est-ce qu'il en a fait quelque chose ?
  • Aurait-il été moins saint s'il n'avait rien dit ? (Question importante : le but n'est pas de culpabiliser ceux qui ne sont pas des héros.)
  • Aujourd'hui, autour de moi, qu'est-ce que ça peut vouloir dire, « prendre la place » de quelqu'un ?

Les textes — 20 min

Lire Jn 15, 12-13. Kolbe ne fait pas un exploit sportif : il fait exactement ce que le Christ a dit et fait.
Lire Rm 5, 7-8. Souligner la différence : Kolbe a pris la place d'un homme qu'il connaissait à peine. Le Christ, lui, prend la place de tous, y compris de ceux qui le rejettent.
Point à poser clairement : le christianisme n'est pas une morale de l'héroïsme. C'est la foi que quelqu'un a pris notre place — et que cela change la manière de vivre la sienne.

Temps de prière — 25 min

Lumière basse, bougie. Proposer un temps de silence.
Consigne : « Il n'est pas demandé à tout le monde de mourir pour quelqu'un. Mais il est demandé à chacun de donner quelque chose. Qu'est-ce que je peux donner, cette année, qui me coûte vraiment un peu ? »
Chacun peut écrire, pour lui. Prière libre, Notre Père, chant de Taizé.