Aumônerie lycée : l'intelligence artificielle et la dignité humaine — avec Léon XIV
Lycée · Temps ordinaire
Objectif
Traiter frontalement un sujet que les lycéens vivent tous les jours et dont on ne parle jamais en aumônerie : l'intelligence artificielle. Découvrir que l'Église a quelque chose à dire — non pas pour interdire, mais pour défendre ce qui fait l'humain.
Repères
- Le 8 mai 2025, Robert Francis Prevost est élu pape et prend le nom de Léon XIV. Deux jours plus tard, il explique ce choix aux cardinaux : Léon XIII, en 1891, avait affronté la question ouvrière au moment de la première grande révolution industrielle ; aujourd'hui l'Église doit affronter une nouvelle révolution, celle de l'intelligence artificielle, et ses défis pour la dignité humaine, la justice et le travail.
- Le 25 mai 2026, il publie sa première encyclique, Magnifica Humanitas, sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle. Il l'a signée le 15 mai, jour du 135e anniversaire de Rerum Novarum.
- Point important à retenir : le texte ne condamne pas la technique. Il affirme qu'elle n'est ni un mal en soi, ni une force ennemie de la personne. La question posée est celle du choix : construire une nouvelle tour de Babel, ou une cité où Dieu et les hommes habitent ensemble.
Textes bibliques
- Genèse 1, 26-27 — l'homme créé à l'image de Dieu.
- Genèse 11, 1-9 — la tour de Babel : bâtir une tour pour se faire un nom, et la confusion qui suit. (AELF.)
Matériel
- Les textes imprimés
- Un tableau ou paperboard ; post-it
- Éventuellement un téléphone pour montrer une réponse d'IA en direct
- Une bougie ; feuilles et stylos
Déroulé
Accroche — 15 min
Question directe, sans jugement : « Qui a utilisé une IA cette semaine ? Pour quoi faire ? »
(Devoirs, résumés, images, conversation, recommandations…) Tout noter au tableau, sans moraliser — c'est essentiel pour la suite.
Deuxième question : « Est-ce qu'il y a un usage qui vous a mis mal à l'aise ? »
Débat mouvant — 20 min
Les jeunes se placent sur une ligne d'accord / pas d'accord :
- « Utiliser l'IA pour faire ses devoirs, ce n'est pas tricher. »
- « Une IA pourrait un jour être une véritable amie. »
- « Si une IA fait le travail mieux que moi, mon travail n'a plus de valeur. »
- « L'IA ne changera rien d'important à ma vie. »
Faire justifier à chaque fois. Ne pas trancher.
Les textes — 20 min
Genèse 1 : l'humain est créé à l'image de Dieu. Sa dignité ne vient pas de ce qu'il produit, ni de ses performances — elle est reçue, avant tout mérite. Poser la question : si ma valeur venait de ma productivité, que devient-elle quand une machine produit mieux ?
Genèse 11 : Babel n'est pas puni pour la technique — bâtir n'a rien de mauvais. Le problème est le projet : se faire un nom, atteindre le ciel sans Dieu, et l'uniformité forcée. Question : où est la frontière entre bâtir et vouloir tout maîtriser ?
Apport — ce que dit Léon XIV — 15 min
Présenter la démarche de l'encyclique de façon simple :
- l'Église ne dit pas que la technologie est mauvaise ;
- elle rappelle deux principes hérités de Rerum Novarum : le travail humain passe avant la logique de production, et l'annonce de l'Évangile est inséparable de la recherche d'un monde plus juste ;
- la vraie question n'est pas « que peut faire l'IA ? » mais « qui décide, et pour qui ? »
Faire le lien avec eux : ce qui se joue, c'est de ne pas laisser une machine décider de ce que vaut une personne.
Échange final et prière — 20 min
En petits groupes :
- Qu'est-ce que je ne veux jamais déléguer à une machine ?
- Qu'est-ce qui, chez un humain, ne peut pas être imité ?
- Un usage que je choisis de changer cette année ?
Chacun écrit une phrase. Prière finale à partir du Psaume 8 (« qu'est-ce que l'homme, pour que tu penses à lui ? »). Silence, Notre Père.